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01 juin 2010 par Thomas dans générale Un commentaire laisser un commentaire |
maman, les petits bâtons : au revoir Louise Bourgeois
Certaines nouvelles vous touchent plus que d’autres. Quelques jours auparavant, nous avons appris que la joie populaire d’un évènement sportif collectif compensera la destruction progressive du système des retraites. En 2016, quand il faudra avoir 64 ans pour partir à la retraite (donc, en moyenne après 9 ans de chômage), il sera possible de dépenser son minimum vieillesse dans des places hors de prix pour aller voir des matchs dans de nouveaux stades flambant neufs. On se croirait à Rome, quinze siècles plus tôt. Cela avait fini plutôt mal à l’époque. En me réveillant trop tôt ce matin, j’ai appris le décès de Louise Bourgeois. Il faudra bien plus que du pain et des jeux pour compenser cela. Evidemment, elle avait 98 ans et une belle vie derrière elle. J’aimerais pouvoir me dire que je vivrais une vie aussi remplie qu’elle et qu’une crise cardiaque viendrait épargner à moi et mes proches une lente décrépitude décharnée. Elle avait dédié sa vie à la sculpture en les faisant se fusionner et en les maitrisant avec rigueur et obstination. Entre surréalisme et réalisme, entre gigantisme et minimalisme, elle a bâti une oeuvre colossale et intemporelle. Révoltée par les infidélités de son père et les humiliations qu’il faisait subir à sa mère, je ne pense pas qu’elle fût de ceux qui se seraient régalés d’un autodafé de « La Princesse de Clèves ». Ses séries de sculptures « Maman », araignées monumentales, sont dédiées à sa mère qui restauraient des tapisseries anciennes. Elle fut militante et féministe. Elle décède au lendemain de la fête des mères, célébration populaire voulue par le maréchal Pétain pour fêter le second volet de sa trilogie néfaste « travail, famille, patrie ». Offrez fleurs et friteuses à celles qui vous ont donné la vie et la leurs aux tâches ménagères. Par son émancipation, par sa rigueur, par son obstination et par sa détermination, elle constitue à 98 ans un monument d’une avant-garde artistique et sociétale. Elle disait souvent « [avoir] misé sur l’art plutôt que sur la vie » mais parvint à construire les deux. Je ne peux m’empêcher d’y voir là une exemple à suivre. Au revoir Louise Bourgeois.
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Un commentaire pour “maman, les petits bâtons : au revoir Louise Bourgeois” |
#1nadja1 juin 2010 à 10:02 |
Joli…! Mais oui oui oui à ton intro sur 2016, l’Euro et ce discours à vomir des jeux comme opium du peuple quand le politique ne sait plus tenir son rôle. Louise Bourgouin (la Adèle Blanc-Sec de Besson) avait choisi son pseudo en référence à Louise Bourgeois mais il bien possible que ces deux lignes-là soient dispensables. |
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